Lorsqu’on parle de deuil périnatal, beaucoup de personnes imaginent immédiatement la perte d’un bébé pendant la grossesse ou à la naissance. Pourtant, dans la réalité, les situations vécues par les familles sont bien plus diverses, plus complexes et parfois beaucoup moins reconnues socialement.
Chez Zétwal An Syèl, nous accompagnons des parents aux parcours extrêmement différents. Certaines familles ont vécu un arrêt spontané de grossesse précoce. D’autres une interruption médicale de grossesse (IMG), un décès in utero, une naissance sans vie, un décès néonatal ou encore une interruption volontaire de grossesse (IVG) laissant une empreinte émotionnelle importante.
Et malgré cette diversité de vécus, beaucoup de parents partagent un sentiment commun :
celui de ne pas toujours se sentir légitimes dans leur douleur.
Parce que socialement, certains deuils sont davantage visibles ou reconnus que d’autres. Certaines pertes sont entourées de soutien, de mots et de rituels. D’autres restent plongées dans le silence, le tabou ou parfois même le jugement.
Pourtant, derrière chaque situation, il y a souvent :
- un attachement,
- une projection,
- un bouleversement physique,
- un choc émotionnel,
- une culpabilité,
- ou une douleur qui mérite d’être entendue avec humanité.
Chez Zétwal An Syèl, nous défendons une approche profondément non jugeante du deuil périnatal.
Parce qu’il n’existe pas une seule manière de vivre une perte autour de la grossesse ou de la naissance.
Le deuil périnatal recouvre des réalités très différentes
Le terme “deuil périnatal” regroupe plusieurs situations pouvant survenir pendant la grossesse, au moment de la naissance ou dans les premiers jours de vie du bébé.
Selon le Ministère de la Santé, le deuil périnatal concerne les décès survenant pendant la période périnatale, mais les conséquences psychologiques touchent bien au-delà du cadre strictement médical et impactent profondément les familles. Ministère de la Santé – Mort néonatale et deuil périnatal
Dans la réalité, chaque parcours est unique.
Certaines familles vivent une perte très précoce, parfois avant même d’avoir annoncé la grossesse. D’autres traversent des mois de grossesse dans un contexte médical extrêmement lourd. Certaines vivent un décès brutal au moment de l’accouchement. D’autres doivent prendre des décisions médicales impossibles à imaginer avant d’y être confrontées.
Et derrière ces situations médicales, il y a toujours des réalités profondément humaines.
L’arrêt spontané de grossesse : un deuil encore largement minimisé
L’arrêt spontané de grossesse reste aujourd’hui l’un des deuils les plus minimisés socialement.
Beaucoup de femmes entendent encore :
“C’était tôt.”
“Tu pourras recommencer.”
“Au moins, tu sais que tu peux tomber enceinte.”
Pourtant, même lorsqu’une grossesse s’interrompt précocement, certaines familles avaient déjà commencé à créer un lien émotionnel avec ce bébé.
Certaines personnes avaient commencé à se projeter dans une nouvelle vie familiale. D’autres avaient déjà choisi un prénom, annoncé la grossesse à leurs proches ou imaginé leur futur quotidien avec cet enfant.
Et lorsque la grossesse s’arrête brutalement, le choc peut être immense.
Chez Zétwal An Syèl, beaucoup de mamans nous parlent également du décalage entre la violence de ce qu’elles vivent et la manière dont leur entourage réagit.
Certaines retournent travailler quelques jours après leur perte alors qu’elles traversent encore :
- des douleurs physiques,
- des bouleversements hormonaux,
- une fatigue intense,
- ou un état émotionnel extrêmement fragile.
D’autres ont le sentiment de ne pas avoir “le droit” d’être aussi affectées parce que la grossesse était considérée comme précoce.
Du coté des hommes, le ressenti peut être similaire ou différent. Ils peuvent avoir du mal à se sentir légitime pour exprimer leur tristesse en fonction du stade de la perte.
Pourtant, la douleur émotionnelle ne se mesure pas uniquement au nombre de semaines de grossesse.
Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français rappelle d’ailleurs que les conséquences psychologiques d’un arrêt spontané de grossesse peuvent être importantes et nécessiter un véritable accompagnement émotionnel. CNGOF – Deuil périnatal
L’IMG : une réalité psychologique particulièrement complexe
L’interruption médicale de grossesse (IMG) fait également partie des réalités que nous accompagnons chez Zétwal An Syèl. Les familles concernées décrivent souvent un sentiment d’isolement extrêmement fort.
L’IMG confronte généralement les parents à une violence psychologique particulière : celle de devoir prendre une décision dans un contexte médical souvent dramatique.
Certaines familles découvrent une pathologie grave, une malformation sévère ou une situation incompatible avec la vie. D’autres apprennent que le bébé souffrira lourdement ou que la grossesse met gravement en danger la santé de la mère.
Et même lorsque cette décision est encadrée médicalement et prise avec amour, beaucoup de parents vivent ensuite une culpabilité extrêmement lourde.
“J’aimais mon bébé. Mais j’ai dû prendre une décision qu’aucun parent ne devrait avoir à prendre.” — Mélanie, maman après une IMG
Certaines familles racontent aussi le silence qui entoure ensuite leur vécu. Beaucoup n’osent pas parler de leur IMG par peur du regard des autres ou des jugements.
Il n’y a pas de doute : une IMG est bien un deuil périnatal.
Et derrière les termes médicaux, il y a des parents confrontés à une souffrance souvent indicible.
Le Centre National de Ressources et Résilience rappelle d’ailleurs que les IMG peuvent entraîner des symptômes importants de stress post-traumatique, de culpabilité et de détresse psychologique chez certains parents.
Centre National de Ressources et Résilience
Les décès in utero et les décès à la naissance : un bouleversement majeur pour toute la famille
Certaines familles vivent la perte de leur bébé pendant une grossesse avancée, au moment de l’accouchement ou dans les heures et jours suivant la naissance.
Ces situations bouleversent profondément les parents mais aussi l’ensemble de la famille.
Certaines mamans racontent la violence d’accoucher en sachant que leur bébé est décédé. D’autres décrivent le choc immense du retour à la maison sans leur enfant.
Le décès survient parfois brutalement, sans signe annonciateur. Dans d’autres situations, les parents traversent plusieurs jours ou semaines d’attente dans un contexte médical extrêmement lourd.
Et après la naissance, beaucoup décrivent un vide immense.
Le silence dans la maison. La chambre préparée. Les vêtements déjà achetés. Les messages de félicitations qui continuent parfois d’arriver alors que tout a basculé.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les décès périnatals ont des conséquences psychologiques majeures sur les familles, avec des impacts pouvant durer plusieurs années sur la santé mentale, le couple ou la vie familiale.
OMS – Stillbirth factsheet
Et pourtant, beaucoup de parents décrivent encore un manque de compréhension sociale autour de cette réalité.
Les IVG et la souffrance émotionnelle : sortir des jugements et des tabous
Chez Zétwal An Syèl, nous savons également qu’une IVG peut parfois laisser une empreinte émotionnelle importante chez certaines personnes.
Et il est essentiel de préciser quelque chose :
reconnaître la souffrance émotionnelle de certaines femmes après une IVG ne remet absolument pas en cause le droit à l’IVG.
Chaque parcours est différent.
Certaines femmes vivent une IVG comme une décision nécessaire et profondément assumée. D’autres peuvent traverser des émotions complexes après coup : tristesse, solitude, ambivalence, culpabilité ou sentiment de perte.
Et ces émotions méritent elles aussi d’être entendues sans jugement.
Certaines personnes n’osent pas parler de leur vécu parce qu’elles ont peur :
- d’être culpabilisées,
- d’être jugées,
- ou d’être récupérées dans des débats idéologiques.
Pourtant, accueillir la souffrance émotionnelle d’une personne ne signifie pas remettre en question son choix.
Chez Zétwal An Syèl, nous défendons une approche profondément humaine et non discriminante : chaque personne doit pouvoir être écoutée dans ce qu’elle vit réellement, sans honte et sans hiérarchisation des douleurs.
Certaines douleurs restent invisibles parce qu’elles sont peu reconnues socialement
L’une des grandes difficultés du deuil périnatal reste le manque de reconnaissance sociale.
Certaines familles entendent encore :
“Tu es jeune.”
“Tu pourras recommencer.”
“Au moins, tu ne l’as pas ramené à la maison.”
“Il faut avancer maintenant.”
Ces phrases peuvent profondément blesser parce qu’elles minimisent le vécu émotionnel des parents.
Or, dans le deuil périnatal, la souffrance ne dépend pas uniquement du terme de grossesse ou des circonstances médicales.
Elle dépend aussi :
- du lien créé avec le bébé,
- des projections construites,
- du contexte de vie,
- du parcours médical,
- du vécu psychologique,
- et de l’histoire personnelle de chaque famille.
C’est aussi pour cette raison qu’il est essentiel d’éviter toute hiérarchisation des douleurs.
Chez Zétwal An Syèl, nous accompagnons sans juger, ni comparer les vécus
Depuis plusieurs années, notre association accompagne des familles confrontées à des réalités extrêmement différentes autour du deuil périnatal.
Certaines ont vécu un arrêt spontané de grossesse. D’autres une IMG, un décès in utero, une naissance sans vie, un décès néonatal ou une souffrance importante après une IVG.
Et dans chacun de ces parcours, nous essayons avant tout d’accueillir la parole avec douceur, humanité et sans discrimination.
À travers nos groupes de parole, nos “An Ti Kozé”, nos espaces dédiés aux mamans, aux papas, aux couples ou encore nos dispositifs comme Lakansyèl et Lanbéli, nous savons qu’aucun vécu ne devrait être invisibilisé.
Parce qu’au fond, les parents n’ont pas besoin qu’on classe leur douleur dans une catégorie plus ou moins “légitime”.
Ils ont surtout besoin d’être entendus dans ce qu’ils vivent réellement.
Pour en savoir plus sur tous nos dispositifs, rendez-vous sur : https://www.zetwalansyel.com
Pour connaître les prochaines dates de nos prochains événements ou échanger sur votre situation, contactez-nous directement par email : contact@zetwalansyel.com ou par téléphone au 0696 20 17 33 ou 0696 26 24 88.

